Festival de Cannes - Quelqu'un se calice de Xavier Dolan

Récemment envoyé à Cannes pour bitcher à propos des films de terroir présenté en primeur à de riches gens, notre chroniqueur culturel Jean-Régis Lavoie Dugas nous fait part de son aventure dans cette cérémonie comblée de snobinards et de robes à paillettes.

Après coup, me rincer les yeux au javel me semblait une expérience des plus enrichissantes après 8h de films muets sous-titré en croate signés Xavier Dolan.

Pour être honnête, c'est le bourrassage des gens qui se levaient frénétiquement à tour de rôle pour applaudir qui a réussi à me sortir de cette paralysie cérébrale qu'avait créé le film "To je sranje i ti to znaš", l'histoire tragique d'un jeune mime homosexuel rejeté par ses parents pour avoir arboré sa ceinture fléchée rose, se masturbant langoureusement au godendard sur des airs de guimbarde triste. Le film s'est farouchement attaqué à mon âme grâce à sa puissante symbolique romantisant le retour à la terre, nous rappelant cette merveilleuse époque où les homme étaient des Hommes, les femmes étaient des Femmes, et les enfants naissaient morts-nés une fois sur deux.

C'est en traînant mon corps au travers de la foule de zombies bourgeois hypnotisés en direction des chiottes que je croisai un homme qui semblait ne pas avoir succombé à l'hystérie collective. S'essuyant les mains sur un torchon, l'homme, un québécois, affirma n'avoir eu aucun désir d'applaudir suite à la projection. Enfin, j'étais rassuré. Je n'étais plus le seul à ne pas avoir succombé à la pétarade snob du cinéma d'auteur.

C'est dans le lobby où la populace artistique du plateau Mont-Royal, qui présentait l'événement, twittant leur violente obsession pour le jeune réalisateur, que André m'avoua qu'il n'avait pas l'intention de Twitter sur son compte qu'il était à Cannes, ni qu'il adorait Xavier Dolan, ni qu'il était fier de lui.

Comme une bombe, André lâcha haut et fort "Xavier Dolan et ses films ne me font pas un pli su'a poche, j'y twitterais bien d'arrêter ça, mais c'est un homme sensible, vous le savez, je ne voudrais pas de faire de peine à sa mère principalement."

Dans le lobby, aucun silence ne s’en suivit. Tout les fanatiques hypnotisés s’exerçaient à rédiger en 140 caractères leurs émotions les plus fortes accompagnées d'égoportraits.

"Pour dire simple, j'men caliss bien des films du tiroir pis de Davier Xolan. Ils sont toujours identiques. Moi mes films de tiroir, c'est des vieux sextapes de Michelle Richard, pis je les montre pas à personne. Maintenant tasse-toé l'journaliste, j'ai d'la job qui m'attend. "

Il y a de l'espoir.

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